Le prodigieux
livre
sur l'écriture de
R. Bradbury (1/2)
Tellement enthousiasmé
par ce livre que j'ai décidé
d'y consacrer deux articles.
Tellement enthousiasmé par ce livre de Ray Bradbury paru en français en 2016, Le zen dans l'art de l'écriture, essais sur la créativité, j'ai décidé d'y consacrer 2 articles.
En matière de livres d'auteurs partageant leurs trucs et astuces d'écriture, on parle toujours un peu des mêmes, d'ailleurs excellents : Écriture, mémoires d'un métier de Stephen King et Mes secrets d'écrivain d'Elizabeth George. (Je ne vais pas évoquer ma chouchoute Elizabeth Gilbert car son merveilleux Comme par magie est plus un regard sur la créativité qu'un livre de conseils sur l'écriture littéraire.)
La découverte de « Le zen dans l'art de l'écriture… » a donc fait mon bonheur, déjà parce que j'appartiens modestement à la même équipe que Ray B., bien sûr celle des « Jardiniers ».
Les Architectes et les Jardiniers
En gros, comme vous le savez peut-être, en matière d'écriture d'histoires, il y a deux écoles : les Architectes, tel le théoricien du scénario John Truby, qui prônent avant tout la réflexion, la mise en place d'un plan détaillé, de la fin, etc., AVANT de passer à l'acte d'écrire.
Et puis les Jardiniers, comme l'ami Ray Bradbury, qui misent plutôt sur le passage à l'acte immédiat, la puissance de l'inconscient, le lâcher-prise, etc.
Il semble donc tout à fait judicieux de se pencher sur les recommandations de l'auteur de « Chroniques martiennes », déjà parce que sa productivité fut impressionnante. (500 nouvelles, une trentaine de romans, des contes, des poèmes, des pièces de théâtre, etc.)
Agir au lieu de réfléchir
Voici trois de ses affirmations qui tournent toutes autour de la même idée : le passage à l'acte immédiat plutôt que la réflexion.
« Ne pensez pas. La pensée est l'ennemie de la créativité. C'est conscient et tout ce qui est conscient est mauvais. Vous ne pouvez pas essayer de faire des choses. Vous devez simplement faire ces choses. »
Ray Bradbury
« Inventez un personnage, pareil à vous, qui mettra tout son cœur à vouloir quelque chose, ou à ne pas le vouloir. Donnez-lui une feuille de route avec quelques instructions. Jetez-le dehors. Ensuite, suivez du plus vite que vous pouvez. Emporté par son grand amour ou sa grande haine, le personnage vous conduira à toute vitesse jusqu'à la fin de l'histoire. »
Ray Bradbury
« Nous autres écrivains, que pouvons-nous apprendre des lézards, retenir des oiseaux ? Ceci : la vérité est dans la vitesse. Moins vous réfléchissez, plus vite vous écrivez, et plus vous êtes honnête. »
Ray Bradbury
Simple et efficace, n'est-ce pas ?
Si cet ouvrage est aussi rafraîchissant, c'est aussi que Ray Bradbury apparaît tellement sympathique et généreux qu'on a envie toutes affaires cessantes de l'inviter à prendre une bière !
Et donc, même si Ray est parti en 2012 visiter des contrées bien au-delà de Mars, j'ai décidé qu'il serait désormais mon ami.
Il faut dire que mon nouvel ami apporte de l'eau à mon moulin lorsque je crois savoir que ce n'est pas vraiment nous qui écrivons nos histoires, mais quelque chose ou quelqu'un, ailleurs…
Mr ELECTRICO, une rencontre déterminante
Dans Le zen dans l'art de l'écriture, essais sur la créativité, R. Bradbury raconte l'entrevue qui a changé sa vie à tout jamais :
Le petit Ray était fou de manèges, de monstres de foire et de cirques. Un jour, à 12 ans, il croise dans une fête foraine miteuse un artiste, Mr ELECTRICO. Comme son nom l'indique, son numéro consistait à se faire passer à travers le corps une très puissante décharge électrique devant un public ébahi.
Ray se retrouva au bord du lac Michigan à discuter en tête à tête avec cet homme singulier et les deux se sentirent immédiatement en phase. Mr ELECTRICO lui dit notamment qu'ils s'étaient déjà rencontrés, que Ray était son meilleur ami et qu'il est mort dans ses bras en 1918 en France lors des combats de la forêt des Ardennes.
Ces affirmations étonnantes et cette rencontre bouleversèrent l'existence du petit Ray. Extrait :
« Quelques semaines plus tard, je commençai à écrire mes premières nouvelles sur la planète Mars. Depuis lors, je n'ai jamais cessé. Dieu bénisse Mr ELECTRICO, mon catalyseur où il se trouve. »
Ray Bradbury
Plus loin, R. Bradbury explique qui écrit ses histoires :
« C'est lui qui a écrit mes histoires et mes livres, pas moi. Il se sert d'un ouija et répond par oui ou par non aux vérités enfouies ou aux demi-vérités. Il est la membrane qui filtre et laisse passer, par osmose, toute la substance qui se dépose sur le papier.
J'ai respecté ses passions, ses craintes et ses joies. En retour, il m'a rarement fait défaut.
Lorsqu'un long hiver humide assombrit mon âme, que je réfléchis trop et ressens trop peu, je sais qu'il est grand temps de retourner auprès de ce garçon, avec ses chaussures de tennis, ses fièvres violentes, ses joies innombrables et ses terrifiants cauchemars. Je ne sais pas très bien où lui s'arrête et où moi je commence. Mais je suis fier de l'équipe que nous formons. »
Ray Bradbury
Ray Bradbury raconte ici que ce n'est donc pas vraiment lui qui écrit mais bien ce qu'on pourrait appeler son enfant intérieur, qu'il est parvenu à identifier de façon très précise : n'est-ce pas fascinant ?
Avez-vous le sentiment que
c'est vous seul(e)
qui écrivez
ou pas forcément ?
Connaissez-vous
votre enfant intérieur ?
est ouvert…
Raconte-moi ton projet :
court-métrage, long-métrage,
série, voire roman ou pièce.
On regarde ensemble
ce qui demande à pousser.